Quel est l'acte d'adoration le plus méritoire ?

Publié le par islamoncoeur

Bismillaih Rahman arRahim



Quel est l'acte d'adoration le plus méritoire ?


Si l'adoration de Dieu en Islam a un sens aussi large que celui que nous avons décrit, quelles sont les sortes d'actes d'adoration les plus méritoires, les mieux aimées et les mieux considérées de Dieu, et celles qui permettent le mieux de se rapprocher de Lui ?

Ibn al-Qayyim donne à cette question une réponse propre à guérir les coeurs, où il évoque les diverses voies possibles pour adorer Dieu et les arguments en faveur de chacune, avant d'indiquer celle qui lui semble la plus proche de la vérité et la plus juste.

Voici donc ce que dit Ibn al-Qayyim :
Ceux qui veulent appliquer « C'est Toi seule que nous adorons » Connaissent quatre voies possibles pour déterminer la forme d'adoration la plus méritoire et la plus utile, qu'il convient de préférer et d'accomplir en priorité ; ils se divisent en quatre groupes :


I- Ceux qui considèrent que la meilleure forme d'adoration est la plus difficile :

Ils constituent la première catégorie. Selon eux, la meilleure forme d'adoration est celle qui est la plus difficile et demande le plus grand renoncement aux passions, car cela constitue le sens réel du culte.

Selon eux, le mérite est proportionnel à la difficulté.
Ils rapportent un hadith sans aucun fondement :
« La plus méritoire des actions est la plus dure » (selon as-Zarcachi et as-Souyouti).
C'est-à-dire, la plus difficile et celle qui réclame le plus grand effort. Ce sont les partisans de l'effort et de la lutte contre les passions.

Selon eux, c'est le seul moyen de purifier les âmes, naturellement paresseuses et attirées par tout ce qui est bas. Elles ne se corrigent qu'en surmontant les obstacles et en supportant les difficultés.


II- Ceux qui considèrent que c'est l'ascèse et le renoncement :

Ils constituent le second groupe. Pour eux, la meilleure forme d'adoration de Dieu, c'est l'ascèse et le renoncement à ce bas monde : il faut s'efforcer de s'en détacher le plus possible, de cesser de s'y intéresser, de ne plus attacher d'importance à tout ce qui en fait partie.

Parmi ce groupe de gens, on trouve encore deux catégories :
Pour le commun d'entre eux, ce détachement constitue une fin en soi ; c'est vers cela qu'ils orientent leurs efforts, et c'est à cela qu'ils appellent les gens, considérant que cela est plus méritoire que la connaissance et le culte. Pour eux, le renoncement à ce bas monde est l'objectif et l'apogée de toute adoration de Dieu.

Pour l'élite de ce groupe, le détachement est un moyen et une fin : il sert à libérer le coeur pour le consacrer à Dieu, qui sera le seul centre d'intérêt. Alors le coeur s'adonnera tout entier à l'amour de Dieu et au repentir, il ne s'en remettra qu'à Dieu et ne se préoccupera que de Sa satisfaction.
Ceux-là considèrent donc que la meilleure forme d'adoration est constituée par le recueillement et l'anéantissement en Dieu , Son invocation constante par le coeur et la langue, tandis qu'on s'occupe uniquement de se rapprocher de Lui, et qu'on délaisse tout ce qui disperse le coeur et l'en écarte.

Ce dernier groupe se divise encore en deux :
Les uns, plus avisés et fidèles à l'orthodoxie, obéissent aux ordres et aux interdictions, même si cela les détourne de leur contemplation.
Les autres, s'écartant de l'orthodoxie, arguent que le but du culte est l'anéantissement du coeur en Dieu, et rejettent toutes activité qui viendrait les en détourner ; l'un d'eux a dit : « Les prières prescrites sont imposées aux gens inattentifs, mais qu'en est-il d'un coeur s'adonnant tout entier à la contemplation ? »

Ces derniers se divisent encore en deux groupes :
les uns abandonnent leurs devoirs et les pratiques rituelles prescrites pour se consacrer à la contemplation,
tandis que les autres les accomplissent et négligent seulement les pratiques volontaires et surérogatoires et l'étude pour s'adonner à la contemplation.

Quelqu'un de ce dernier groupe demande à un maître instruit :
si le muezzin appelle à la prière alors que je suis occupé à la contemplation, si je me lève pour me rendre à la prière, j'interromps ma contemplation tandis que si j'ignore l'appel, je poursuis ma contemplation : qu'est-ce qui vaut mieux pour moi ?
Le maître lui répondit :
« Si le muezzin appelle à la prière alors que tu es sous le trône, lèves-toi et répond à l'appel, puis regagne ta place. En effet, la contemplation de Dieu est la part de l'âme et du c'ur, mais qui préfère la part de son âme à son devoir envers son Seigneur, ne voue pas à Dieu un culte exclusif ».

La suite à venir inchaAllah


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Publié dans Dieu (Croyance)

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